Hommage au Professeur Barthélemy Antoine Mercadal (1932-2026)
- 20/08/2026
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Barthélemy Antoine MERCADAL, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur émérite du Conservatoire National des Arts et Métiers, Vice-Président et ancien Secrétaire général de l’Institut International de Droits d’Expression et d’Inspirations françaises (IDEF)
Nous avons la profonde douleur d'annoncer la disparition du Professeur Barthélemy Antoine MERCADAL, survenue le 14 août 2026. Il avait 94 ans.
Grand passionné du Droit, le Professeur Mercadal a consacré sa vie à la conception, au développement, à l'enseignement et à la diffusion du droit, sous différentes formes, dans différents domaines, tant en France qu'au-delà du contient européen, notamment en Afrique, où il apporta une contribution substantielle à la diffusion de la législation édictée par l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).
Il fut notamment membre de l'équipe d'experts-consultants sélectionnée par le Secrétariat Permanent de l'OHADA pour élaborer la réforme de l'arbitrage OHADA de 2017 (Règlement d'arbitrage de la CCJA et Acte uniforme relatif à l'arbitrage AUA).
En dehors d'innombrables conférences, congrès et colloques auxquels il participa en Afrique – et dont il fut l'organisateur nombre de fois – il contribua substantiellement à la diffusion du droit en Afrique (mais pas uniquement), à travers l'Institut de Droits d'Expression et d'Inspiration Françaises (IDEF, www.institut-idef.org) dont il fut le Vice-Président et l'ancien Secrétaire général pendant des années, et par la conception du Code Pratique OHADA, communément appelé «, Code gris », publié par les Éditions Francis Lefebvre depuis septembre 2013, dont il dirigea les trois premières éditions (2013, 2014, 2016).
Il contribua également aux débats suscités par les Rapports “Doing Business in Africa&rdqo; de la Banque Mondiale dès les années 2004, ainsi qu'au dialogue entre la Common Law et la culture juridique civiliste, notamment à travers la comparaison de jurisprudence en droit des affaires, une innovation du droit comparé dont il dota le Code Pratique OHADA, dont le succès n'est plus à démontrer dès lors que le concept a été adopté dans d'autres publications.
Au titre de ses ouvrages , on peut citer, en plus du Code Pratique OHADA :
Aux Editions Francis Lefebvre :
- Un ouvrage sur une ancienne réforme du droit des sociétés (en France) sous forme de tableaux pratiques (dans les années 1970) ;
- Les contrats de coopération inter-entreprises (1974, avec Philipe JANIN) ;
- La réforme du droit des contrats (Ordonnance du 10 février 2016) ;
- Le modèle universel de contrat d'affaires (MUCA), 2019 ;
- La réforme du droit des sûretés (2022) ;
- Le mémento sociétés commerciales (avec Philipe JANIN) ;
- Le mémento droit commercial (version imprimée), plus d'une cinquantaine d'éditions dont la dernière est parue en 2026.
Aux éditions Dalloz :
- Les mots-clés du droit des affaires (2019) ;
- L'ordre public (2024).
Malgré sa connaissance encyclopédique du Droit – c'est le moins qu'on puisse écrire en décrivant son érudition – le Professeur MERCADAL était particulièrement connu pour sa générosité, sa disponibilité et sa modestie, qui lui ont permis, d'inspirer des dizaines de jeunes chercheurs et de contribuer à la réalisation de plusieurs thèses doctorales, tant en Europe qu'en Afrique.
Sa disparition constitue une lourde perte pour les juristes de tous horizons.
En ces moments difficiles, toutes nos pensées et notre sympathie vont vers sa famille, ses proches, et toutes les personnes qui ont eu la bonne fortune de croiser son chemin dans leur parcours professionnel.
25/08/2026 20h21 ATTOH-MENSAH
Les grands esprits ne partent jamais parce qu'ils se confondent aux esprits des vivants pour perpétuer le savoir et la connaissance qu'ils ont transmis avec autant de générosité et de conviction. Le Professeur MERCADAL était un grand esprit et il demeure en mon esprit, cet esprit dont l'énergie ne s'éteindra jamais dans mon cœur. La rencontre avec lui eut lieu au Caire au moment où il prenait le Secrétariat Général de L'IDEF, une organisation qu'il entreprit de sortir des cycles des congrès-tourismes pour en faire un outil d'affirmation de la jurisfrancité par la production juridique et la mobilisation de l'intelligenscia francophone. Beaucoup d'initiatives et d'actes sont venus lui donner raison puisqu'il a su faire porter par L'IDEF des projets concrets autour des problématiques juridiques convoquées par l'évolution du monde.
Je ne peux passer sous silence son soutien à notre engagement en faveur du Leadership féminin en Afrique par sa présence à certaines de nos activités auxquelles nous avons toujours associé L'IDEF.
Inutile de revenir sur l'ouvrage de ses mains et de son esprit qui a défié les coups de boutoir de l'âge. Il m'a investi, en convainquant l'AG de L'IDEF, Secrétaire général Adjoint chargé de l'Afrique conscient qu'il était que le continent présentait des atouts et constituait un vaste champ d'actions en matière du droit des affaires avec l'OHADA. Avec l'aide de mon amie Arlette le defi a été relevé à tel point que notre Trésorière générale n'hésite pas à donner un coup de main financier à ces initiatives.
Le maître est mort. Parce que humains, nous devons subir le verdict implacable de la mort. Mais avec nos œuvres, nous la dépassons.
Monsieur Barthélémy MERCADAL a construit les édifices intellectuels qui lui permettent de depasser sa mort et de demeurer à jamais dans l'éternité de nos consciences.
Professeur, il est certainement venu pour vous ( vous ne m'avez jamais tutoyé ) le temps de passer de l'autre côté de la vie et en bon croyant vous vous êtes soumis à la volonté de votre créateur mais les œuvres que vous laissez à la postérité resteront le témoin de votre contribution à l'humanité.
Nous ne vous oublierons jamais.
Des initiatives fortes seront prises pour que des signes de vos passages en Afrique soient marqués de symboles vivaces et parlants.
Partez en paix, cher Professeur.
Sylvain