A — RAPPEL DES TEXTES
Article 86
La consolidation impose :
a) le classement des éléments d'actif et de passif ainsi que des éléments
de charges et de produits des entreprises consolidées par intégration selon le
plan de classement retenu pour la consolidation ;
b) l'élimination de l'incidence sur les comptes des écritures passées
pour la seule application des législations fiscales ;
c) l'élimination des résultats internes à l'ensemble consolidé, y
compris les dividendes ;
d) la constatation de charges, lorsque les impositions afférentes à
certaines distributions prévues entre des entreprises consolidées par
intégration ne sont pas récupérables, ainsi que la prise en compte des
réductions d'impôts lorsque des distributions prévues en font bénéficier des
entreprises consolidées par intégration ;
e) l'élimination des comptes réciproques des entreprises consolidées
par intégration globale ou proportionnelle.
L'entreprise consolidante peut omettre d'effectuer certaines des
opérations décrites au présent article, lorsqu'elles sont d'incidence
négligeable sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de
l'ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation.
Article 92
Sont enregistrées au Bilan et au Compte de résultat consolidés les
impositions différées résultant :
1 — du décalage temporaire entre la constatation comptable d'un produit
ou d'une charge et son inclusion dans le résultat fiscal d'un exercice
ultérieur ;
2 — des aménagements, éliminations et retraitements prévus à l'article
86 ;
3 — de déficits fiscaux reportables des entreprises comprises dans la
consolidation, dans la mesure où leur imputation sur des bénéfices fiscaux
futurs est probable.
B — MÉTHODOLOGIE
L'obtention des états
financiers consolidés est le fruit d'une technique de consolidation qui peut
être mise en œuvre de deux façons :
-
une
consolidation par paliers regroupant, au stade final, des sous-ensembles
consolidés significatifs, dont le support intermédiaire est toujours une
entreprise à consolider par intégration globale ;
-
une
consolidation directe faisant l'économie des paliers de consolidation, mais
nécessitant la prise en considération des deux types de pourcentages de
détention : pourcentage de contrôle et pourcentage d'intérêts.
Quelle que soit la technique
utilisée, les comptes consolidés gardent pour objectif de présenter le patrimoine,
la situation financière et le résultat des entreprises comprises dans la
consolidation comme s'il s'agissait d'une seule entreprise.
Cette conception du groupe
comme une entreprise unique implique au plan méthodologique :
-
de
s'assurer que les comptes personnels de chaque entreprise sont présentés et
évalués sur des bases homogènes, et d'effectuer éventuellement les
retraitements nécessaires pour obtenir cette homogénéité ;
-
d'effectuer
les éliminations et les retraitements nécessaires pour atteindre l'objectif
recherché :
·
élimination
des titres de participation figurant à l'actif de l'entreprise détentrice et
des capitaux propres correspondant figurant au passif de l'entreprise
consolidée ;
·
amortissement
des écarts de première consolidation ;
·
élimination
des opérations intra-groupe ;
·
traitement
des impôts différés de consolidation ;
·
prise
en compte des intérêts des minoritaires.
·
C — ÉLIMINATION DES TITRES DE PARTICIPATION
Après cumul ligne à ligne des comptes personnels
éventuellement retraités des entreprises consolidées, intégrés à ceux de
l'entreprise consolidante, les titres de participation figurant à l'actif des
entreprises détentrices doivent être éliminés par imputation sur la situation
nette correspondante de l'entreprise consolidée.
Cette élimination des titres
de la situation nette est effectuée en tenant compte :
-
de
l'écart de première consolidation (après distinction de l'écart d'évaluation et
de l'écart d'acquisition) ;
-
des
intérêts des minoritaires dans les capitaux propres de la société consolidée.
Ainsi cette élimination
nécessite la création de postes comptables spécifiques au niveau du bilan de
l'ensemble consolidé :
-
le
compte Intérêts minoritaires, au
passif, enregistre la quote-part détenue dans les capitaux propres des entreprises
consolidées par les associés n'appartenant pas à l'ensemble consolidé,
-
le
compte Ecart d'acquisition, à
l'actif, quel que soit son sens (positif ou négatif), doit faire l'objet d'un plan
d'amortissement (ou de reprise) conforme à son affectation et à sa
justification.
Cas particuliers : société consolidée présentant une situation
nette négative.
·
Situation nette négative
d'une société consolidée par mise en équivalence
Une entreprise consolidante
peut être amenée à constituer une provision pour risque au titre d'une société
du groupe qui fait l'objet d'une consolidation dans le groupe par mise en
équivalence dans le cas suivant : l'entité mise en équivalence présente
une situation nette négative (montant des capitaux propres négatifs) ;
l'entreprise consolidante pourrait être amenée à participer aux pertes au-delà
de la valeur initiale des titres qu'elle détient sur cette entité.
Dans ce cas, la valeur des
titres détenus par la société consolidante est ramenée à zéro, et une provision
pour risque est constituée. Le montant de cette provision doit être au minimum
égal à la quote-part du groupe dans les capitaux propres négatifs.
·
Situation nette négative
d'une filiale
Dans le cas où la filiale
d'un groupe présente une situation nette négative, la part des pertes cumulées
imputées aux associés ou actionnaires minoritaires extérieurs au groupe ne peut
dépasser leur apport en capital dans la filiale concernée. L'excédent éventuel
des pertes cumulées est imputable au groupe, sauf s'il existe une convention
formelle entre le groupe ou l'entité concernée et les minoritaires par laquelle
ces derniers s'engagent à participer aux pertes au-delà de leur apport en
capital.
Les bénéfices ultérieurement
réalisés par cette filiale seront imputés en priorité au groupe, à concurrence
de l'excédent des pertes imputé précédemment.
D — ÉLIMINATION DES OPÉRATIONS INTRA-GROUPE
L'incidence et le solde des
opérations réalisées entre sociétés du groupe doivent être éliminés des comptes
consolidés. Pour ces éliminations, il convient de distinguer les comptes
effectivement réciproques au bilan et au compte de résultat des entités
consolidées, dont l'élimination n'a pas d'incidence sur le résultat, et les
autres opérations.
1. Opérations
n'affectant pas le résultat consolidé
· En cas d'intégration globale, les
créances et les dettes réciproques ainsi que les produits et les charges
réciproques sont éliminés dans leur totalité.
·
En cas d'intégration proportionnelle, chaque entreprise
participante élimine les créances et les dettes de l'entreprise contrôlée
conjointement qui la concerne, en principe dans la limite de son pourcentage de
participation. La différence entre le montant ainsi éliminé et le montant de
ces dettes et de ces créances est assimilée à une dette ou à une créance envers
les autres entreprises participantes. Il en est de même pour ce qui concerne
les produits et les charges réciproques.
Cette procédure est analogue à celle qui consiste, dans les entreprises
exerçant par l'intermédiaire d'établissements ou de succursales ayant leur
autonomie comptable, à neutraliser les opérations interétablissements ou
succursales/siège pour obtenir les comptes personnels.
Ces éliminations effectuées, les comptes consolidés
qui subsistent au bilan ne concernent plus que des tiers, extérieurs à
l'ensemble consolidé. Les charges et les produits sont ceux traités avec des
partenaires autres que ceux faisant partie dudit ensemble.
2. Opérations affectant
le résultat consolidé
Les éliminations peuvent concerner :
-
des
profits internes non encore réalisés à l'échelle de l'ensemble consolidé, mais
inclus dans des postes d'actif ou de passif d'entreprises en faisant partie. Il
en est ainsi, par exemple, lorsqu'un bien non consommé par l'entreprise
acheteuse figure dans ses stocks. Il convient alors d'éliminer du compte de
résultat consolidé la marge sur coût de revient réalisée par l'entreprise
cédante en créditant les comptes d'actifs concernés ;
-
des
dividendes reçus, provenant de bénéfices réalisés précédemment à la date
d'entrée de l'entreprise dans l'ensemble consolidé, qui sont considérés comme
une diminution du coût d'acquisition de la participation. De même, dans le cas
de dividendes versés par des entreprises consolidées à la société consolidante,
il convient de les annuler dans le résultat consolidé de l'ensemble et
d'augmenter d'autant ses réserves. La diminution des réserves de l'entreprise
verseuse est ainsi neutralisée du fait de la distribution prélevée sur ses
résultats.
3. Méthodologie
Pour permettre l'élimination
des opérations intra-groupe, il doit exister au sein du groupe d'entreprises
une procédure formalisée qui permette :
-
l'identification
des comptes réciproques ;
-
le
rapprochement des comptes réciproques ;
-
la
règle précise d'ajustement des écarts en cas de litige.
4. Entreprises consolidées
par mises en équivalence
Tous les comptes réciproques
des entreprises entrant dans le périmètre de consolidation doivent faire
l'objet d'une procédure de confirmation
et d'ajustement, quelle que soit la méthode de consolidation pratiquée.
Cependant, pour les entreprises faisant l'objet
d'une consolidation par mise en
équivalence, seules les opérations ayant une incidence sur le résultat sont
éliminées :
·
dividendes
;
·
marges
sur stocks ;
·
plus
ou moins-values.
L'incidence de ces
éliminations sur les intérêts des associés ou actionnaires minoritaires,
directs et indirects, doit être constatée.
Il n'y a donc pas
d'élimination au niveau des opérations concernant les postes Achats/Ventes,
prestations de services reçues/fournies (chiffre d'affaires) frais
financiers/produits financiers.
E — IMPÔTS DIFFÉRÉS DE CONSOLIDATION
1. Principe
Dans le cadre d'une consolidation,
la comptabilisation des impôts différés est obligatoire. Elle consiste à tenir
compte dans l'évaluation de la charge d'impôt sur les bénéfices du groupe
consolidé des incidences fiscales liées :
-
aux
écritures de consolidation ;
-
aux
écritures de retraitement des comptes personnels des entreprises
consolidées ;
-
aux
écarts entre le résultat comptable et le résultat fiscal des entreprises
consolidées.
La charge d'impôt figurant dans
les charges du groupe consolidé doit en effet refléter la charge imputable à
l'exercice, et non la charge payée ou à payer au titre de cet exercice.
Par conséquent, les impôts
différés à comptabiliser dans le cadre d'une consolidation résultent notamment :
n du décalage temporaire entre
la constatation comptable d'un produit ou d'une charge et sa prise en compte
dans le résultat fiscal d'un exercice ultérieur (ou antérieur) ;
n
des retraitements d'homogénéité éventuellement appliqués
aux comptes personnels d'entreprises consolidées et qui peuvent générer de
nouveaux décalages temporaires entre la constatation comptable et la prise en
compte au niveau du résultat fiscal ;
n de l'élimination de
l'incidence des écritures passées pour la seule application des législations
fiscales ;
n
de certaines écritures de consolidation, en particulier
celles relatives à l'élimination des résultats internes inclus dans les stocks
et les immobilisations, par suite d'opérations internes à l'ensemble
consolidé ;
n
des déficits fiscaux reportables, y compris les
amortissements différés des entreprises comprises dans la consolidation, dans
la mesure où leur imputation sur les bénéfices fiscaux futurs est probable.
Le
caractère probable doit être estimé avec prudence, c'est-à-dire en s'appuyant
sur des documents prévisionnels vérifiables et faisant état d'hypothèses
prudentes et cohérentes ;
n
de la constatation de charges, lorsque des impositions
afférentes à certaines distributions prévues ne sont pas récupérables, ainsi
que de la prise en compte de réduction d'impôts du fait des distributions
prévues.
Ces
impôts différés sur écritures de consolidation doivent être pris en compte au
niveau de la société du groupe concernée par le traitement, en tenant compte
éventuellement de la situation particulière ou du régime particulier de cette
société (société structurellement en perte, société non imposable...).
Les
impositions différées peuvent, au niveau de chaque entreprise consolidée, être
compensées entre elles : cette compensation ne peut être pratiquée que sur
des impositions de même taux et s'annulant à des échéances proches.
Ainsi,
bien que ces impositions différées suivent un traitement comptable autonome au
niveau du groupe, il est cependant nécessaire de procéder à un examen de la
situation fiscale différée de chaque entreprise pour appréhender la situation
du groupe.
Par
ailleurs, il ne peut y avoir compensation ou annulation au niveau consolidé
entre les impositions différées des différentes entreprises consolidées.
2. Méthode d'application
La
détermination du montant des impôts différés à la clôture d'un exercice est
effectuée selon la méthode du report
variable, sur la base du taux d'impôt en vigueur. Les impositions différées
antérieures qui subsistent sont donc corrigées en fonction de ce nouveau taux.
La
méthode retenue est indiquée dans l'Etat annexé consolidé.
3. Présentation
Le
solde des impositions différées actif et/ou passif, de même que la charge ou la
réduction d'impôts, sont, s'ils paraissent significatifs, présentés
distinctement au bilan et au compte de résultat. Pour ce dernier, ils affectent
directement la provision pour impôt sur les bénéfices, qui fait cependant
apparaître distinctement la charge ou la réduction d'impôt normalement exigible
au titre de l'exercice, et la variation nette des impositions différées entre
les deux exercices.